Une transmission bien préparée est une transmission réussie pour tous

Une transmission bien préparée est une transmission réussie pour tous

A l’occasion du Salon Planète PME qui se tenait à Paris les 17 et 18 juin derniers, le CRA a réalisé une video où témoignent des cédants ayant bien préparé leur cession d’entreprise.

transmission entreprise pmeC’est le cas notamment de l’entreprise Spenco, fourniture de produits d’hygiène et de confort aux organismes passant des appels d’offres pour marchés publics.

Préparez votre transmission sur le plan personnel

Le premier point qu’illustrent les cédants, Catherine et Serge Guignier, est la préparation personnelle : quel avenir – social, patrimonial, fiscal – pour les futurs retraités ?

Il faut être à l’écoute des conseils spécialisés sur ces sujets pour bien comprendre toutes les implications des choix – ou non choix- que vous devrez faire dans cette période précédant la cession de votre entreprise.
Recueillez différents avis.
C’est une terre inconnue à découvrir.
C’est comme pour une future opération chirurgicale.

Le calcul de la retraite,
la fiscalité de la cession d’entreprise,
les options possibles de réinvestissement du produit de la vente,
les options de paiement du prix différé – sous forme de crédit vendeur ou d’earn-out
ont de multiples conséquences, qu’il s’agit pour vous de bien anticiper.

Préparez votre entreprise à sa transmission

Pour que votre entreprise soit attractive sur le marché des repreneurs, vous devez veiller à un certain nombre de points, afin de réduire sa vulnérabilité :

– renouvellement de contrats de longue durée

– diversification du portefeuille de clients

– présence d’un homme-clé fidèle à l’entreprise, qui en connaît tous les rouages

– toilettage des comptes concernant les problèmes de stock, de comptes courants, de litiges commerciaux, administratifs, ….

– représentativité des comptes par rapport au modèle économique de votre société

– … etc.

Préparez votre personnel à votre transmission d’entreprise

Comme le faisait remarquer un autre cédant, arrivé à la soixantaine, compte tenu de votre âge, cela ne fait nul doute pour le personnel que vous allez devoir vous retirer.

Plutôt que de laisser vos collaborateurs dans le doute, laisser courir les bruits les plus divers, prenez l’initiative, et ne faites mystère de vos intentions et de votre ligne de conduite en la matière :
– profil de repreneur recherché,
– conditions mises à la cession – maintien de l’activité, de son lieu d’exercice, …
– au moins pour une période de transition de 2 à 3 ans environ,
… etc.

Catherine Guignier montre, dans la video, l’exemple vis à vis du personnel administratif et commercial.

Préparez l’introduction de votre repreneur dans l’entreprise

Si le choix de votre repreneur est bien exclusivement de votre responsabilité, il est important, une fois le choix fait – le protocole d’accord étant prêt à être signé – de préparer votre personnel à ce changement.
Soyez rassurant par rapport à toute question particulière ou d’intérêt collectif qui pourrait être émise, et focalisez vous sur la vision d’avenir.

Ce discours sera repris et développé par votre repreneur, ce qui confortera la motivation de vos collaborateurs à écrire cette nouvelle page de l’histoire de l’entreprise avec lui.

Comme l’a fait Catherine Guignier, saisissez la moindre occasion, de façon non formelle, pour provoquer des rencontres et des échanges entre votre personnel et le repreneur avant même sa prise de poste officielle.

Préparez les nouveaux projets pour votre repreneur

En tant que cédant, même au moment de prendre votre retraite, vous avez encore des projets que vous auriez bien aimé conduire pour faire évoluer votre entreprise.
Mais vous n’en avez pas nécessairement le temps, les moyens, ni, parfois, toutes les compétences.

C’est à votre repreneur de s’inscrire dans vos pas, et de traduire à sa manière ces pistes d’évolution.

Il prendra ainsi ses marques et gagnera en légitimité par rapport à des évolutions que votre personnel attendait peut-être déjà depuis un moment !

Conclusion :

Vous entendez souvent parler de confidentialité au moment de transmettre votre entreprise.
Bien sûr ! Il ne s’agit pas de clamer votre intention haut et fort sur la place publique.

La confidentialité sera exigée au moment où vous entrerez en négociation exclusive avec un prétendant.

Mais pour le reste, soyez clair avec vos collaborateurs : ils vous en sauront gré de les avoir traités comme des adultes.

Action :

Dès que vous commencez à songer à votre transmission, prenez le temps d’approfondir tous ces sujets, que vous ne maîtrisez pas, parce que vous ne l’avez encore jamais fait.

Procédez par ordre, c’est à dire exactement celui des points qui sont exposés dans cet article.

Merci de votre attention.

Jacques Jourdy.

A bientôt.

Bien préparer votre transmission c’est vous donner toutes les chances de la réussir, et dans l’intérêt de tous.

Valorisation de votre PME par un expert comptable spécialisé

Combien vaut votre entreprise pour un expert-comptable spécialisé en cessions de PME?

Les retraitements des comptes sociaux pour obtenir des résultats normatifs

(version podcast, à écouter, ou télécharger (clic droit) en bas de l’article)

  • Rémunération normative d’un dirigeant de PME

L’usage veut que la rémunération normée d’un dirigeant de PME se situe à 100 k €, chargé (dirigeant en TNS) ou 120 k € chargé, en dirigeant salarié. C’est une « moyenne ».

Car, dans le monde des PME, on observe des situations très contrastées : certains ne se paient que 40 k € (plus des dividendes parfois),

quand d’autres s’allouent 350 k € …

Le repreneur, lui, sera d’autant plus crédible vis-à-vis du cédant comme du banquier, qu’il prévoira une rémunération inférieure ou égale à ces 100 k €.

  • Les frais généraux ne doivent pas être le train de vie du cédant

Il s’agit aussi de modérer des dépenses qui tiennent parfois plus du train de vie du propriétaire que des besoins de l’exploitation de la société.

Attention donc aux frais de voyages qui sortent de la zone géographique normale de l’activité : « voyages d’études » lointains, réception de clients dans des lieux haut de gamme, …

Dépenses plutôt discrétionnaires, et non strictement indispensables.

  • Le montant du loyer payé à la SCI du propriétaire doit être normal

Certains patrons de PME sur-évaluent le montant du loyer pour se procurer un revenu complémentaire significatif.

Il faut raison garder et rester conforme aux valeurs de locations de bureaux et locaux industriels sur le marché local. Facile à observer sur le marché de l’immobilier industriel local.

Attention également à la durée de bail restant à courir, et surtout, à l’application ou non des clauses d’indexation : si cela n’a pas été fait, le bailleur, après cession, peut réclamer l’arriéré.
A provisionner alors dans la Garantie d’Actif et de Passif.

  • Examen des charges et produits d’exploitation non récurrents

Point plus délicat, car nécessitant de rentrer dans le détail des écritures comptables, et pour peu qu’elles aient été bien traitées par le comptable de la société.

Il est arrivé que des charges ou des produits exceptionnels de nature financière aient été passées, par erreur, en charges ou produits d’exploitation.

Conséquence : cela fausse le REX sur lequel est appliqué le multiple !

  • Niveau d’investissement courant : ni trop ni trop peu

Avant cession, certains cédants ont tendance à ralentir le niveau d’investissement, pour deux raisons essentielles :

– ils n’en voient pas la nécessité à court terme, compte tenu de leur départ

– cela permet de faire monter (artificiellement) le REX, … sur lequel s’applique le multiple de valorisation !

En fonction de l’âge des machines et des besoins d’exploitation, il vaut mieux connaître le métier pour le repreneur, afin d’estimer le juste niveau d’investissements cohérent avec le positionnement de l’entreprise.

  • Engagements de Haut de bilan : les départs en retraite

Dernier point souvent négligé : les prochains départs en retraite des cadres.
Ont-ils été provisionnés ou non ?

Si non, il faut estimer le montant des départs dans les 3 à 5 ans à venir et en tenir compte dans la valorisation.

Les différences entre la valorisation et le prix …

  • Le problème des valorisations patrimoniales pour les PME

La valorisation patrimoniale consiste à faire la somme de l’actif net et d’une sur-valeur appelée « goodwill ».

Cette sur-valeur doit reposer sur un avantage concurrentiel notoire lié à un actif incorporel : une marque ayant une forte notoriété, brevet garantissant des revenus de licences sur n années, voire un savoir faire spécifique.

Tout le problème est l’évaluation de cette sur-valeur …

Valeur parfois très subjective de la part du cédant …

Il est préférable de partir d’un point de vue de marché et faire apprécier cette sur-valeur par un acteur neutre, crédible. Exemple : un concurrent !

Au total, la méthode patrimoniale a du sens pour les grosses industries, les grands marques plutôt que pour les PME.

  • Méthode la plus généralement utilisée : multiple du REX retraité

Elle consiste, comme nous l’avons déjà vu dans les articles précédents, à prendre le REX retraité (de tous les points vus ci-dessus) et appliquer un multiple.

En général, aujourd’hui, c’est 5. Cela a, parfois, été plus élevé : 6, avant 2008!

Pour de l’industrie, c’est plutôt 4,5.

Pour du second œuvre de bâtiment le multiple est autour de 3,5 à 4

  • Test de faisabilité : calcul de la dette d’acquisition

Comme vu dans les précédents articles, la valeur de marché va dépendre du niveau de la dette d’acquisition que peut financer la rentabilité de l’entreprise.

Reprenons notre exemple :

REX retraité : 250 k €. RN = 150 k €. Tréso excédentaire : 700 k €.

Multiple : 5. Valorisation = (5×250) + 700 = 1,950 k €.

C’est le prix du repreneur industriel.

Cash Flow = RN + amortissement – investissement.

Dans le cas présent : investissement = amortissement.

Capacité d’endettement = 70% du Cash Flow = 105 k €  an sur 7 ans, soit un emprunt de 735 k €.

C’était bien le montant du repreneur physique, tel que vous l’avez vu dans le premier article de dernière série de 3 articles sur la valorisation de votre PME.

Conclusions :

1) Le problème de la valorisation d’une PME ne tient pas tant à la méthode, qu’au travail d’analyse des comptes pour calculer un REX représentatif de la réalité de l’exploitation normale de  l’entreprise à céder

2) La preuve par 9 est apportée par la capacité d’endettement que peut supporter l‘entreprise après son rachat.

3) La valeur finale que pourra proposer un acquéreur dépendra en dernier lieu de son apport personnel et du prix d’acquisition stratégique qu’il est prêt à payer éventuellement.

A la semaine prochaine, pour parler des SCOP, sujet en pleine discussion aux Assemblées … et parmi les patrons de PME.

Merci pour votre attention.

Jacques Jourdy.

Vous savez aussi combien vaut votre entreprise pour un expert-comptable spécialisé en cessions de PME.

 

Le plan de transmission d’une entreprise familiale

Le rôle du plan de transmission dans une entreprise familiale.

Laissez moi d’abord vous raconter un cas vécu.

Regardez la video ou écoutez le podcast sur cette histoire. Elle est instructive …

(version podcast, à écouter, ou télécharger (clic droit) en bas de l’article)

Le chef d’entreprise qui ne veut pas envisager sa succession fait courir un risque à son entreprise, et donc aux membres de la famille qui y travaillent.

Que se passerait-il si :

– vous veniez subitement à disparaître ?

– vous n’avez pas de successeur pressenti ?

aucun membre de la famille ne peut reprendre les rênes de votre entreprise ?

– il n’y a pas de plan financier pour votre retraite de chef d’entreprise ?

Les questions d’argent sont souvent délicates dans les affaires familiales, et surtout lorsqu’il faut prendre en compte les disparitions possibles.

  • Un plan de transmission familiale est indispensable à la réussite de votre retraite

Un plan de transmission familiale est un cas particulier de plan d’affaires : il s’agit de le construire avec une perspective de plusieurs années, afin d’en réaliser chacune des étapes dans le temps, et progressivement.

Il faut l’actualiser régulièrement en fonction de données économiques et fiscales toujours changeantes.

L’essentiel est d’avoir un cap et des repères dans le temps.

Car le plus important est d’avoir une stratégie à présenter aux membres de la famille parties prenantes, et aux autres associés de l’entreprise, afin qu’eux aussi s’y préparent.

Ce plan, évoqué dans les grandes lignes, va rassurer les partenaires de l’entreprise que sont vos clients et fournisseurs.

La cessation d’activité du propriétaire – fondateur que vous êtes doit être tout sauf un mystère entretenu, dès que la question est dans les esprits de chacun.

  • Votre retraite doit être autre chose que de simplement cesser de travailler dans votre PME

Il faut tout d’abord considérer les sources de revenus une fois arrivé à la retraite.

Votre revenu de retraite garantit-il votre indépendance financière en fonction de votre niveau de vie souhaité ?

Avez-vous des revenus complémentaires sous forme de revenus fonciers (dont une SCI pour les locaux de l’entreprise) ?

Des revenus de placements financiers ?

Ou bien une activité complémentaire en lien avec votre activité professionnelle ?

De façon durable ?

Avez vous envisagé de faire des donations à vos enfants ?

D’autant plus s’ils doivent racheter des parts de votre entreprise.

A faire le plus tôt possible.

Mais vos enfants, qu’ils soient ou non dans l’entreprise, peuvent-ils, veulent-ils prendre la relève ?

Sinon la seule solution d’avenir est de vendre votre PME à des tiers.

Et cela se prépare.

  • Transmettre votre PME à des repreneurs hors de la famille

Nous revenons à tous les articles que vous avez déjà découverts ici, dont celui relatif à la décision de vendre.

C’est peut-être l’opportunité de trouver un repreneur qui va encore développer votre entreprise.

C’est donc la logique de construction d’un plan d’affaires, qu’il s’agit de rendre le plus prometteur, le plus dynamique possible.

Certes, cette stratégie de développement, ce n’est pas vous qui la conduirez, mais c’est celle qui attirera le plus de repreneurs potentiels, et qui vous permettra de valoriser au mieux le fruit de votre travail.

Et donc celle qui optimisera votre succession vis-à-vis des membres de votre famille.

C’est l’intérêt de chacun.

  • Construire un véritable plan financier pour votre succession

Les questions patrimoniales doivent être traitées le plus en amont possible du moment de la cession, ou de la cessation d’activité.

Plusieurs options possibles existent toujours.

Le choix dépend des critères que vous voudrez mettre en premier : sécurité financière sur le long terme, optimisation fiscale, optimisation de la succession, …

Anticipez ce plan financier le plus tôt possible avec votre conseil en gestion de patrimoine.

Informez vous sur toutes les possibilités existantes bien avant de prendre la décision d’arrêter.

Rien de tel que de consulter régulièrement le blog du patrimoine pour vous tenir au courant des dernières dispositions concernant votre future transmission familiale.

CONCLUSION :

La transmission d’une entreprise familiale  est un véritable plan d’affaires à multiples dimensions.

Cela concerne d’une part l’avenir de l’activité de la société, mais aussi la mise en perspective de votre patrimoine et de votre succession au sein de votre famille.

Le prévoir en temps ne fait survenir les événements plus tôt!

ACTION :

Jaugez bien les véritables motivations des membres de votre famille concernant votre succession au sein de votre société.

Imaginez les différentes alternatives possibles.

Le plus tôt sera toujours le mieux.

Même si vous appuyez sur le bouton « Départ » dans longtemps encore.

 

Merci pour votre attention.

A la semaine prochaine pour la suite de la série sur les plans d’affaires.
Jacques Jourdy.

Vous avez revu les points clés d’un plan de transmission d’une PME familiale.