Les 7 erreurs à éviter d’après les cédants en Suisse

Rien à voir avec des erreurs d’origine technique, dues à des différences juridiques, financières et fiscales entre la France et la Suisse.

Ce sont simplement des erreurs humaines, totalement applicables à nos cédants français.

Cette synthèse est due à une réflexion menée par une institution dénommée «  PME Relais Valais » organisme réunissant la Fédération des Entreprises Romandes Valais (FER-Vs), la Banque Cantonale du Valais (BCVs) et l’Antenne Régions Valais romand.

Cet organisme a produit et édité un Guide pratique pour la Transmission d’Entreprise, tant pour le cédant que pour le Repreneur, dont le titre fort bien trouvé est :

« Oser transmettre / Oser Reprendre »

Voici les 7 erreurs les plus fréquemment pratiquées du côté des cédants, …
à éviter tant en France qu’en Suisse !

1) Le manque d’anticipation du projet de cession d’entreprise

La transmission d’entreprise est souvent mal préparée, car subie.

Que ce soit une entreprise familiale ou pas, le chef d’entreprise a passé des décennies, si ce n’est toute sa vie, à faire prospérer son outil de travail, mais il pense qu’en y consacrant quelques dizaines d’heures, à quelques mois de son retrait, il pourra traiter la transmission de son entreprise.

2) La peur de lâcher prise du chef d’entreprise

Quitter son entreprise, c’est l’abandonner !

Tout ce qui a été sa vie, ses responsabilités, ses relations, mais aussi la reconnaissance sociale, bref son statut, va s’étioler brutalement, rapidement, à son départ de l’entreprise.

En dehors de son environnement de travail, que va-t-il trouver d’intéressant à faire, alors qu’il n’a eu souvent pas le temps de développer d’autres centres d’intérêt en activité.

Enfin la dernière peur inavouée est la perte de revenu, de train de vie, en passant du jour au lendemain à la situation de retraité.

3) Le manque de communication du projet de transmission

Il est particulièrement notable dans le cas d’une transmission familiale.

La succession est un sujet qu’on n’aborde pas prématurément, en plein exercice.

Cela peut déclencher des envies ou des rejets trop précoces, par rapport à la maturité des acteurs de la famille.

Cependant, le sujet demande réflexion, et, surtout, objectivité quant aux capacités et motivations des éventuels repreneurs membres de la famille.

Est-ce un bien pour l’entreprise ?

Est-ce un risque trop élevé pour le successeur ?

Toutes les expériences positives, notamment constatées dans le monde anglo-saxon, ont fait appel à un « médiateur » (coach) pour mettre à plat les constats, les non-dits, et prendre des décisions rationnelles, et non empreintes de sentiments (ou de ressentiments).

4) La négligence dans l’opportunité d’examiner différents scénarios de transmission

Nos voisins Suisses, comme les Allemands ou les Italiens, où le tissu de PME familiales est bien plus important qu’en France, ont souvent tendance à n’envisager que le scénario de transmission familiale, et négligent les solutions de cession à un tiers, qu’il soit repreneur physique ou personne morale.

En France c’est l’inverse !

Tous les chefs d’entreprise pensent plutôt à une reprise par un tiers, alors que, parfois, un élément de la famille se découvre une vocation à reprendre l’entreprise, même s’il n’y travaillait pas et n’était pas du métier.

5) Le repli sur soi du dirigeant avant transmission de l’entreprise

Comme beaucoup d’autres sujets où le chef d’entreprise a su s’entourer d’avis, de conseils, d’experts, pour ne pas décider maladroitement en fonction de ses propres projections, la transmission d’entreprise est un sujet complexe nécessitant de multiples expertises non pratiquées pendant la vie courante de l’entreprise.

Tout d’abord à titre personnel, le dirigeant doit faire le point sur sa situation patrimoniale, matrimoniale et successorale : de nombreuses dispositions sont à prendre dans cette perspective, qui ont des impacts très importants sur le plan fiscal.

Or, s’il est un sujet mouvant, complexe, c’est bien le domaine fiscal, avec la peur de voir disparaître une part importante du capital, fruit du travail de toute une vie.

6) Le doute sur le bon choix du repreneur

Le doute porte souvent sur le choix du successeur : va-t-il (ou elle) être la personne de la situation ?

Non seulement pour garantir la pérennité de l’exploitation (du travail des salariés, du renom de l’entreprise, … etc.), mais encore plus, son développement.
Pouvoir conduire l’entreprise sur des objectifs, des orientations que le dirigeant n’a pas pu, pas su, réaliser avant son départ, faute de moyens, faute de temps ?

Le choix du successeur est le plus important au moment de remettre les clés.

Bien plus que le sentiment d’avoir « bien vendu » la société.

7) La fierté de la carrière accomplie

Certes le dirigeant qui se retire peut être fier du résultat atteint.

Mais la plus grande qualité dont il doit faire preuve vis à vis de son repreneur est aussi l’humilité.
Reconnaître que l’on a développé l’entreprise comme on l’a senti, au gré des opportunités et des menaces tout au long du parcours.

Mais ce n’était pas obligatoirement la meilleure stratégie.

Peut-être que le repreneur, avec son expérience, son talent, arrivera à faire mieux.

C’est tout ce qu’il faut souhaiter dans une transmission d’entreprise.

Conclusion

Vous voyez bien, qu’au delà des particularités techniques propres à chaque pays, les principaux freins à la transmission sont psychologiques.

Car, pour traiter les problèmes techniques, vous avez quantité d’experts par domaine pour apporter les solutions adéquates.

Alors que, sur le plan psychologique, cela est beaucoup délicat de reconnaître le besoin de se faire accompagner, lorsqu’on a été un chef d’entreprise pendant toute sa vie !

Merci pour votre attention et votre fidélité.

A bientôt.
Jacques Jourdy.

Les qualités relationnelles d’un entrepreneur dans sa reprise d’entreprise

Au Salon des Entrepreneurs de Paris 2017 des profils très différents de repreneurs ont témoigné de leurs réussites dans leurs reprises d’entreprise.

Daniel Porte, repreneur avec succès, il y a 3 ans, de l’entreprise Monnet Sports, à Montceaux les Mines (71) a reçu le Prix de l’Audace pour sa reprise réussie.

Il a témoigné sur 4 temps forts de ses relations dans son processus de reprise

1) La relation de confiance entre cédant et repreneur

De nombreux repreneurs, et de cédants, s’imaginent souvent, avant le début des contacts, que la réussite d’un projet de transmission – reprise d’entreprise va reposer essentiellement sur des chiffres et des constats objectifs :

– les résultats économiques sont-ils assez bons pour attirer des candidats exigeants, ou bien, vu du cédant, suffisants pour justifier d’un prix de cession optimal ?

– la croissance, la pérennité de l’activité est-elle assurée, par rapport à de nouvelles formes de concurrence ?

– les parts de marché sont-elles suffisantes pour garantir le niveau de marge actuel, et donc celui sur lequel sera fondé le Business Plan ?

Certes, tous ces éléments vont jouer dans l’appréciation de la valeur actuelle et future de l’entreprise.

Et les discussions techniques, financières, puis juridiques ne manqueront pas pour trouver un accord sur le prix de la transaction.

Mais, si dès le début, et tout au long du processus d’approfondissement du diagnostic, puis du plan de développement, cédant et repreneur ne nouent pas une relation de confiance qui permette de travailler cartes sur table, sans faux semblant, sans « erreurs ou omissions », alors il y aura peu de chances d’aboutir.

Nombre d’obstacles apparaîtront tôt ou tard dans les discussions sur des points précis, parfois de détail, et qui peuvent bloquer l’accord final, jusqu’au dernier jour.

Cela a été dès le début la conviction de Daniel Porte qui, pourtant, se savait, dès l’origine, pas le meilleur profil pour reprendre l’entreprise : il ne connaissait nullement le métier !

2) Les négociations avec les banques

Il en est de même avec les banques.

Beaucoup de conseils vont diront que l’art et la manière d’élaborer un bon Business Plan qui puisse convaincre les établissements financiers est très important pour obtenir les financements que vous souhaitez.

Ce n’est pas faux.

Mais ce n’est pas tout.

Comme le rappelait, dans un autre témoignage, Nicolas Robinet, repreneur de l’entreprise Phybris-Spa à Reims, le banquier juge autant la qualité de l’homme porteur du projet de reprise, que les tableaux de chiffres, qui seront très vite faux par rapport à la réalité à venir.

Encore une fois la confiance est clé entre le Chargé d’affaires de la banque et l’entrepreneur.

Ceci se jouera aussi sur des dimensions purement comportementales :

– humilité du repreneur devant un environnement qu’il ne maîtrise pas encore complétement

– capacité à faire face à des coups durs, à s’adapter par rapport aux événements, contrairement à la route tracée dans le Business Plan

– montrer qu’il n’est pas seul dans son entreprise, qu’il a autour de lui une équipe de collaborateurs aux postes bien définis, aux responsabilités claires, capables de conduire l’entreprise au jour le jour sans faire appel incessamment au chef d’entreprise.

3) L’accompagnement d’un réseau d’entrepreneurs

Ne pas être seul.

Dans la reprise d’entreprise comme pendant les 100 premiers jours de la reprise, le repreneur ne doit surtout pas être tout seul.

Certes le cédant est là pendant la classique période d’accompagnement du repreneur.

Mais il lui faut aussi un regard extérieur détaché de l’activité de l’entreprise, de l’histoire de la société, pour le guider et l’aider à bien percevoir les réactions et les comportements de son nouveau personnel à ses propositions d’évolution.

Le Réseau Entreprendre, est un alors un allié précieux : réseau de chefs d’entreprise, tous encore en exercice, de proximité, connaissant les rouages de l’économico-social local.

Le parrain du repreneur va suivre ce nouveau chef d’entreprise pendant 2 ans pour le conforter dans les bonnes décisions à prendre, les bonnes évolutions à négocier

4) La prise en mains de l’entreprise

Comme le raconte très bien Daniel Porte, la prise de contact avec le personnel de l’entreprise doit se faire avec tact : toujours humilité sur le savoir, la connaissance, du métier, a fortiori s’il ne le connaît pas dans le détail, au moins sur le plan technique.

Par contre il ne doit pas hésiter à communiquer, faire partager sa vision de l’avenir de l’entreprise.
C’est cela qu’attendent les salariés quand un nouveau chef d’entreprise arrive : faire part de ses expériences réussies dans d’autres domaines et qui peuvent aisément se transposer dans l’entreprise.

C’est cela la valeur ajoutée d’un repreneur par rapport à un cédant

Conclusion

La transmission d’entreprise n’est pas tant un processus juridique et financier qu’une rencontre humaine dans laquelle les 2 parties partagent un but commun, avec des valeurs communes, plus tournés vers l’avenir que vers le passé.

Contrairement à la vision financière, voire historique du chemin parcouru par le cédant

 

Les 3 phases d’accompagnement patrimonial dans la vente d’une entreprise

Les 3 phases d’accompagnement patrimonial sont :

1) L’anticipation du changement de vie pour le futur cédant

La cession de l’entreprise va être un moment fort dans votre vie : page tournée, certes, mais aussi nécessité de remettre à plat un certain nombre de choix sur le plan patrimonial.

Retraites

L’intégration du patrimoine professionnel dans le patrimoine privé

Bon nombre d’entre vous, qui vous êtes lancés dans l’aventure entrepreneuriale, avez pris soin de limiter les risques sur votre patrimoine privé.
D’où la solution fréquente de choisir le régime matrimonial de séparation de biens si vous étiez mariés.
Mais la fin de vie professionnelle arrivant, la situation est alors à reconsidérer si vous souhaitez faire bénéficier votre épouse de ce capital constitué.
Auquel cas il faut faire un changement de régime matrimonial, quel qu’il soit, mais ne pas rester en séparation de biens.
Et mauvaise surprise : cela demande beaucoup plus de temps que vous ne l’imaginez : les notaires vont diront que cela peut être rapide, mais la rapidité de réaction des enfants peut ralentir considérablement la procédure. En moyenne, comptez environ un an !!!

Autre sujet très important : votre capital professionnel, exempté jusqu’alors d’ISF, va tomber dans l’assiette de votre ISF.
Opportunité de réexaminer la globalité de votre patrimoine pour en aménager la répartition patrimoine permettant de minorer l’assiette ISF, tout en optimisant les droits de succession : contrat de capitalisation, achat de forêts , …
Consulter l’homme de l’art qu’est le Conseiller de Gestion de Patrimoine, comme votre notaire, est absolument indispensable.

L’estimation de vos revenus de retraité

Tous les cédants n’ont pas toujours eu le temps de faire réaliser une estimation de leur retraite pendant qu’ils étaient encore en activité.
Et si cela a été fait, il faut avoir encore le temps de procéder à des ajustements, compléments, qui aient assez de temps devant eux pour produire les effets escomptés, à savoir des compléments de revenus significatifs : contrat Madelin et autres placements à diversifier.
S’ajoutent à la problématique des revenus de retraite celui de la réversion de votre pension pour votre conjoint : la réglementation a largement évolué depuis que vous cotisez !
Renseignez vous bien précisément. Faites les calculs. Et imaginez différentes hypothèses en termes de succession.
Exemple de simulateur, à utiliser plusieurs années avant votre décision de transmettre.

Le Pacte Dutreil

En cas de transmission familiale, avec toutes les particularités de ce cas, il est évident que sur le plan fiscal, en France, vous devez analyser les conditions nécessaires pour bénéficier de ce dispositif fiscal.
Soit un abattement de 75% des droits de succession ou de donation.
Pour voir les conditions à respecter, cliquez ici.

2) Les conséquences patrimoniales de la transmission elle-même sont à anticiper

Le patrimoine immobilier

Sujet déjà fréquemment évoqué dans ce blog, le patrimoine immobilier fait encore bien souvent partie de l’actif de votre société.
Nous avons toujours recommandé de séparer la partie exploitation de la partie immobilière, puisque les logiques d’évaluation respective relèvent de modèles économiques complètement différents.
Pour le repreneur, de façon systématique, il va devoir financer l’exploitation par un crédit bancaire sur 7 ans, avec une nature de risques particuliers à l’activité, alors que l’immobilier va se financer traditionnellement sur 15 ans, et dont le risque va dépendre du marché immobilier local.
D’où l’intérêt pour vous de constituer au plus tôt une SCI, qui pourra vous procurer des revenus complémentaires lors de votre retraite. En veillant de rester dans les conditions de marché pour le repreneur.

Point à souligner : il arrive souvent que l’opération immobilière a été montée sous forme de crédit-bail. Et que, au moment de la vente, le crédit-bail court encore pour quelques années.
Un repreneur avisé pourrait alors demander un crédit relais jusqu’à l’échéance du bail, pour proposer une solution de rachat à ce moment-là.
D’ici là il se concentrera sur la rentabilité de l’activité à développer, ce qui contribuera en partie à un prix de marché actualisé de l’immobilier.

Le refinancement patrimonial

En fait ce refinancement peut se faire de façon ingénieuse par un contrat d’Assurance Vie
Hormis les compléments de revenus faiblement fiscalisés qu’elle peut procurer (voir plus haut), c’est un bon outil pour les 2 cas suivants :

Constituer la fameuse « garantie » de la Garantie de Passif

Nous avons déjà abordé ce sujet de GAP (Garantie d’Actif et de Passif)

Un contrat d’assurance vie préalablement ouvert est bien préférable à une caution bancaire (qui génère des frais d’environ 0,5% à 1% de la somme bloquée) ou à un compte sous séquestre (capitaux bloqués rémunérés sur des Sicav monétaires, dont les taux sont devenus très faibles).
Le nantissement d’un contrat d’assurance vie pour la garantie de passif permet :
– de déléguer la faculté de rachat à l’acquéreur (en cas de mise en oeuvre de la garantie)
– tout en empêchant le vendeur de faire des rachats sur son contrat pendant la durée de la Garantie de Passif.
Au terme de la Garantie, le cédant pourra disposer de son contrat en totalité, alors même qu’il aura été mieux rémunéré que les 2 autres solutions précédentes, et comportera ses avantages fiscaux en termes de fiscalité des retraits et de succession.

Refinancer un compte courant d’associé

Vous avez, de toutes façons, intérêt à sortir ce compte courant des fonds propres de la société avant cession.
Soit vous vous le distribuez, mais alors avec l’inconvénient de la fiscalité sur les dividendes : imposition lourde à l’IR à la tranche marginale + CSG
Ou bien vous le refinancez, si le temps le permet, par le montage suivant : l’entreprise fait un emprunt pour qu’un nouveau capital prenne le relais de ce compte courant. Ce capital est alors nanti sur un contrat d’assurance vie.
Le double avantage est alors le suivant :
– les intérêts d’emprunt sont déductibles pour la société,
– et vous disposez à la fin du remboursement de la somme et des avantages fiscaux et successoraux d’un contrat d’assurance vie !
Mais n’oubliez pas, tous ces montages judicieux ne peuvent se faire à la dernière minute, et même pas la dernière année avant la cession.

La société Holding de réinvestissement

Un mécanisme bien connu d’optimisation fiscale d’une transmission future consiste à apporter les titres d’une société d’exploitation à une holding dont vous détiendrez les parts.
Si vous faites ce montage assez longtemps avant la cession, vous pouvez bénéficier d’abattement conséquents, le jour de la cession de vos parts (à titre onéreux) à votre repreneur :
De 1 an à moins de 4 ans 50 %
De 4 ans à moins de 8 ans 65 %
Depuis au moins 8 ans 85 %

3) Gestion du patrimoine après transmission

Il existe une variété infinie de cas, de volontés de donateur que vous êtes et de situations des différentes générations concernées : âge des donataires, résidence, statut social, …
Quelques exemples :

Donations aux petits enfants

Vous pouvez réaliser des donations en faveur de vos petits enfants.
Mais vous pouvez aussi fixer quelques conditions quant à leur emploi lorsqu’ils seront devenus majeurs.
C’est chose possible par la rédaction d’un « pacte adjoint » qui déterminera les conditions de remploi des sommes allouées.
A faire rédiger par votre notaire.

Assurances Vie dont les bénéficiaires, enfants, vivent actuellement à l’étranger

Le régime fiscal de dénouement de contrats d’assurance vie n’est pas le même selon que vous vivez en France ou non, et que le contrat est de droit français ou non.
Les contrats d’assurance vie de droit luxembourgeois ne sont pas justiciables du prélèvement de la CSG en particulier.

Complexité et incertitude croissantes des placements d’épargne

L’instabilité fiscale, même si elle est préjudiciable à l’ensemble des acteurs économiques pour prendre des décisions cohérentes, n’est pas prête de disparaître.
Il en est de même de la réglementation du monde financier (banques et assurances)
L’optimisation globale de votre patrimoine sera à réexaminer au minimum chaque année en fonction de vos objectifs réactualisés et de l’évolution du contexte juridique / fiscal /administratif / financier !

Conclusion

Pour la transmission d’entreprise proprement dite les cédants se donnent souvent un délai d’environ 1 an.
C’est possible si le projet a été bien géré : préparation de l’entreprise, du cédant à sa future vie, en termes de revenus, d’occupation, …etc.
Mais s’il faut adapter le régime matrimonial, séparer l’actif immobilier, constituer une holding, pour disposer des meilleures conditions fiscales, alors vous devez vous préoccuper de toutes ces questions au minimum 3 ans, si ce n’est plus, avant la cession.

Merci de votre attention.

A bientôt.
Jacques Jourdy.

La clé de la transmission : que va apporter de plus le repreneur?

La transmission d’entreprise était au coeur du Salon Planète PME, qui s’est tenu au Palais Brongniart (ancienne Bourse de Paris), le 18 octobre dernier à Paris.

Semaine Transmission RepriseElle le sera encore plus lors de la «  Semaine de la Transmission Reprise » du 11 au 24 Novembre, sous l’égide du Ministère de l’Economie, et à l’occasion du Salon «  Transfair » co-organisé par les CCI.

Pourquoi ?

Tout le monde redécouvre, depuis quelque temps, comme indiqué dans mon dernier article, l’impact des transmissions d’entreprises, des Petites et Moyennes Entreprises en particulier, dans la croissance des emplois, et pas seulement dans la sauvegarde de ces emplois.

C’est ainsi que la CGPME, organisatrice du Salon «  Planète PME » avait retenu comme slogan : «  La croissance c’est nous » (les PME).

La transmission c'est la croissance
Et la transmission des PME (dans de bonnes conditions, c’est à dire avant qu’on ne parle de fermeture de sociétés et de problèmes sociaux de reclassement) est bien un facteur de croissance de l’activité, de l’emploi.

C’est ainsi que de nombreux témoignages, tant de repreneurs que de cédants, allaient dans ce sens.

J’en ai retenu deux, un de chaque, particulièrement illustratif

1) Le jeune repreneur : pour générer de la croissance, il faut de l’énergie et un travail d’équipe

L’attractivité d’un dossier d’affaire à reprendre est importante pour faire un choix, parmi plusieurs dossiers.

Mais un repreneur doit, avant tout, toujours évaluer le potentiel de croissance d’une société pour accepter de prendre le risque de la racheter.

Reprendre une entreprise c’est toujours pour la faire croître

La croissance consolidera la position de l’entreprise sur son marché, fidélisera son personnel, et permettra, si possible, d’accroître la rentabilité.

Elle permettra de rembourser plus facilement l’emprunt réalisé à l’occasion de ce rachat.

Pour générer ce développement quelles sont alors les compétences, savoir faire, qu’il faut maîtriser, et qui n’existaient pas encore dans l’entreprise ?

La question clé de la transmission : que va apporter de plus le repreneur à cette entreprise ?

Il faut être très critique par rapport à cette question, vous cédant comme lui, le repreneur.

S’il y a hésitation, il ne faut pas poursuivre les négociations, quand bien même votre entreprise est saine, durable et rentable.

Certes un repreneur, a fortiori jeune, ou n’étant pas du métier, ne peut pas prétendre à rassembler toutes les compétences d’un chef d’entreprise.
Mais là n’est pas le problème : il doit se faire accompagner, pour les compétences qu’il n’a pas, et assurer avant tout la cohérence de la direction d’entreprise, avec un esprit d’équipe qui entraîne tous les salariés vers de nouveaux horizons.

Le plus important est qu’il apporte une vision de l’avenir à la société et ses salariés.

Vous, en tant que cédant, c’est cela que vous devez attendre de votre repreneur !

Bien plus que le plus offrant !

C’était exactement le point de vue de ce jeune repreneur en phase de sélection de dossiers, Maxime Dethomas :

2) Le cédant : pourquoi pas vendre seulement le fonds de commerce plutôt que les parts sociales de l’entreprise ?

L’avis est unanime de la part de tous les accompagnants de la transmission d’entreprise : les cédants ne sont pas assez bien, et assez tôt, préparés à cette issue.

Au delà du projet de vie de la retraite qu’il vous faut avoir préparé, de la préparation de votre entreprise pour intégrer au mieux votre repreneur, il faut que vous réfléchissiez à l’alternative de céder votre entreprise sous forme de cession de fonds de commerce et pas obligatoirement selon la cession de parts sociales.

L’avantage de cette solution repose, entre autres, sur la séparation de l’immobilier du reste de l’activité.

Tout cela, c’est Louis Jean Marchina qui vous l’explique dans ce témoignage

 Le cédant choisit le repreneur, mais c’est aussi le repreneur qui choisit ses conditions de rachat

Ne pas prendre de risques sur les valeurs d’actifs et de passif, tel est, dans un certain nombre de cas, le souhait du repreneur.

Ainsi il n’hérite pas du passé de la société, mais ne considère que le présent et le potentiel de développement.

A ceci près qu’il peut émettre des réserves par rapport à la poursuite de tel ou tel contrat, que ce soit un contrat commercial ou même un contrat de travail.

C’est alors au cédant d’en tenir compte dans l’évaluation de son fonds de commerce.

3) Reste la fiscalité de la transmission

Pendant ce temps, …nos députés et sénateurs, nos hommes politiques en général, de quelque bord qu’ils soient, restent obsédés par la fiscalité, celle de la transmission d’entreprise.

Il n’y a qu’à voir les promesses faites en période électorale …

senatCertes, elle est importante, principalement pour le cédant qui a œuvré toute sa vie professionnelle, et qui risque de voir une bonne partie du fruit de son travail être lourdement taxé.

Mais encore une fois, ce n’est pas un nouvel arsenal de dispositions fiscales qui, aussi avantageuses soient elles, aideront à augmenter le nombre de transmissions.

Ce qui est encore plus symptomatique du monde politique, c’est que les velléités de mesures fiscales consistent toujours à vouloir préserver l’implantation des entreprises là où elles sont, c’est à dire dans la circonscription de l’élu!

C’est tout simplement du clientélisme, plutôt que de l’accompagnement à la croissance des PME.

Conclusion :

Ces témoignages recueillis au Salon «  Planète PME » montrent bien que le nerf de la guerre de la transmission d’entreprise est l’énergie, la vision d’avenir que doivent partager cédant et repreneur.

Le reste, dont les considérations fiscales notamment, est secondaire.

A vous futur cédant de préparer cet avenir d’abord, dans lequel devra s’inscrire le repreneur. Et vous le choisirez essentiellement en fonction de cette perspective.

Merci de votre attention.

A bientôt.

Jacques Jourdy

La transmission d’entreprise n’est pas une question de négociation de prix

La transmission d’entreprise n’est pas une question de prix …

Et pourtant c’est un sujet qui anime beaucoup de réunions de futurs cédants et repreneurs.

J’en veux pour preuve ces sympathiques manifestations du Tour de France de la Transmission organisé par Marc Chamorel du magazine Reprendre et Transmettre

PrixTransmissionEntrepriseCependant je conçois que le sujet fasse déplacer les candidats à la reprise d’entreprise et que le sujet ne puisse être éludé.

Mais, d’expérience, ce n’est pas la question la plus importante.

Vous allez découvrir rapidement les points de vues de cédants qui se sont exprimés ans le cadre d’un reportage de la CCI Touraine.

Je vous le conseille vivement.
ll est complet, mais assez long, car il traite aussi le point de vue de repreneurs : 35 mn (si vous voulez le voir en entier, dès le début, cliquez ici) !

Je vous en livre quelques extraits notoires, pour vous, Cédant.

1) Pourquoi la transmission d’entreprise ne doit pas être une question de prix

C’est l’enseignement premier que donnent des cédants qui ont vu leur entreprise prospérer après leur cession.
Bien évidemment tout le monde vous dira que le prix de cession doit se situer au prix de marché.

Après l’application de différentes méthodes de valorisation, une fourchette de prix doit rendre la chose possible entre cédant et repreneur.

Mais ce n’est pas ce point qui garantit la réussite de l’opération de transfert de direction.

Loin s’en faut.

  • Le partage de vision de l’avenir de l’entreprise est déterminant dans la réussite de la transmission d’entreprise

Le prix est une transaction instantanée.
Il ne s’agit pas de faire une bonne affaire pour l’acheteur, ni pour le vendeur.

Ce n’est pas un bien comme les autres : c’est un capital de savoir faire et d’hommes qui ont une histoire, une vision de leur métier et de leur environnement.

Et pour le repreneur c’est fondamental de bien le comprendre, de s’y inscrire, et d’en écrire les nouvelles pages.

2) L’objectif numéro 1 d’une transmission d’entreprise est sa pérennité

Que l’entreprise ait été créée il y a fort longtemps par le Cédant, ou bien qu’il l’ait lui même rachetée, la question fondamentale, au moment de la cession, est de savoir comment la faire évoluer pour la développer et sécuriser ainsi l’emploi du personnel présent.

Cette pérennité est une valeur essentielle pour le Cédant que vous êtes, et il faut vous assurer que votre repreneur soit bien animé par cette même valeur.

Cela a été le cas de Joël Magnan, d’Alain Dorison, Gérard Dubois : regardez les 1 minute et 6 secondes qui suivent dans le reportage de la CCI Touraine
(au delà, vous pouvez interrompre, car on parle des repreneurs.
Vous reprendrez d’autres extraits plus loin)

  • La transmission d’entreprise est une formidable occasion de la développer encore davantage avec le potentiel du repreneur

Tous les cédants vous le diront : céder n’est pas simplement « trouver un remplaçant à la tête de l’entreprise », c’est apporter de nouvelles compétences qui vont renforcer le potentiel de croissance de l’entreprise.

3) La mission du cédant est de préparer au mieux la transition managériale

Pour permettre ce développement, alors qu’il y a transfert de connaissances et de compétences, rien de tel pour le Cédant, que vous êtes, de structurer au mieux l’organisation de l’entreprise, de façon qu’elle puisse fonctionner, opérationnellement, presque sans vous.

C’est la condition idéale pour l’arrivée de votre repreneur.

C’est à dire que votre rôle, juste avant la cession comme, d’ailleurs, celui du repreneur, est de vous concentrer sur l’évolution à moyen terme de l’activité de l’entreprise, et pas seulement sur l’opérationnel au quotidien.

  • La transmission est une opportunité pour vous projeter, vous préparer à un nouvel avenir pour l’entreprise

Pour ce faire, il faut que le premier cercle de management sache très bien comment faire fonctionner l’entreprise au quotidien et à court terme, de façon fiable et rentable.

Il faut, si nécessaire, renforcer la structure de votre entreprise par la création de postes, ce qui va vous décharger de tâches quotidiennes.

C’est ainsi que Joël Magnan a procédé : écoutez ce qu’il dit dans les 1 minute et 20 secondes suivantes dans le reportage de la CCI Touraine (au delà, vous pouvez interrompre. Vous reprendrez d’autres extraits plus loin)

Il revient au chef d’entreprise, vous aujourd’hui, votre repreneur demain, de tracer les axes d’évolution, de progrès qui entraineront votre personnel vers ce nouvel avenir, et de partager ces orientations avec lui, pour qu’il s’engage également sur sa réussite.

4) Pour faciliter la tâche du repreneur le cédant doit réaliser des audits externes

Réaliser des audits externes : voilà une tâche que beaucoup de cédants s’imaginent laisser au repreneur. Certes les repreneurs auront naturellement le réflexe de les faire réaliser, pour évaluer les éventuels risques.

Mais pourquoi ne pas les faire vous-mêmes, plutôt 2 ou 3 ans avant la cession, pour préparer votre société, dans les meilleures conditions, à cette nouvelle étape ?

C’est le conseil de Joël Magnan et de Xavier Litalien, Expert Comptable, dans la minute suivante du reportage de la CCI Touraine (au delà, vous pouvez interrompre. Vous reprendrez d’autres extraits plus loin)

  • La transmission d’entreprise est le moment idéal pour prendre du recul et organiser votre entreprise indépendamment de vous

Les experts vous apporteront un regard objectif sur les correctifs à apporter en termes de management, compte tenu de votre positionnement, et de vos objectifs.

Mettre en oeuvre le plan d’actions avant la transmission produira des résultats qui se traduiront tout de suite dans sa rentabilité potentielle en croissance.

Faire ainsi permettra à coup sûr de mieux valoriser votre entreprise aux yeux du repreneur, même si, par sécurité, il en fera réaliser à nouveau certains.

5) Dans la relation cédant repreneur la communication doit être la plus transparente possible.

Si votre projet de transmission a intérêt à garder une certaine confidentialité tant que vous n’êtes pas rentré en négociation exclusive avec votre futur repreneur,
une fois que vous avez établi un rapport confiance avec lui,
alors n’ayez plus rien à lui cacher, ni dans les forces et faiblesses actuelles, ni dans vos convictions par rapport à des évolutions possibles.

Cette transparence du dialogue est la condition clé de la réussite de la transmission, comme le rappellent Gérard Dubois, Alain Dorison, et Emmanuel Santenac, dans la dernière minute du reportage de la CCI Touraine.

  • La transmission est un processus technique complexe. Même bien maîtrisé avec votre expert comptable et votre avocat, cela ne suffit pas à garantir la réussite de la transmission.

Vous augmenterez la probabilité de réussite de votre transmission d’entreprise par l’examen, à deux, cédant et repreneur, de toutes les hypothèses et scénarios d’avenir possibles.

Conclusion

Ces témoignages recueillis par la CCI de Touraine resteront toujours valides, comme déjà maintes fois évoqués ici dans ce blog, quels que soient le type d’activité et la taille d’entreprise.

Ils doivent néanmoins encore convaincre nombre de cédants qui sous-estiment cette phase de préparation et l’esprit dans le quel cette transition doit se réaliser.

A bientôt.

Jacques Jourdy.

N’attendez pas la retraite pour transmettre votre entreprise

La transmission d’entreprise ne coïncide avec l’âge de la retraite que dans deux cas sur trois, seulement.
Et cette proportion baisse d’année en année …

Pourquoi ?

1) N’attendez pas obligatoirement la retraite pour transmettre votre entreprise

C’est le cas d’Eric qui a repris une entreprise familiale, encore artisanale, il y a plus de trente ans, et qu’il a développée et diversifiée pour en faire une belle PME d’une vingtaine de personnes, dans un milieu très concurrentiel : charpentes industrielles (métalliques et bois) pour divers marchés : agricoles, industries, bâtiments tertiaires, en Poitou Charente.

La prise de décision d’une transmission est une question de maturité psychologique

Peu importe l’âge lorsque vous avez acquis la conviction que vous êtes arrivé à l’optimum de vos capacités pour pouvoir continuer de développer votre société.

Que ce soit de la fatigue, lassitude, ou crainte d’évolutions non conformes à votre vision du métier, l’absence de projet de vie après la cession, cela veut dire qu’il est temps que vous passiez la main.

Avant qu’il ne soit trop tard.

C’est pour le bien de votre entreprise, de votre personnel, de votre santé, de savoir trouver non seulement le relais nécessaire à travers votre repreneur, mais, mieux encore, de donner à votre entreprise un second souffle.

Le bon profil de repreneur au bon moment, au bon endroit

Après avoir choisi le moment pour transmettre, il est important de bien savoir choisir le bon profil de votre repreneur, et ne pas seulement prendre en considération le prix qu’on vous offre.

D’abord entre personne physique ou personne morale, selon les caractéristiques de votre activité, mais aussi, de la vision de l’évolution de votre métier et de la concurrence.

C’est un choix personnel.
Il n’y a pas de meilleure solution dans l’absolu.

Tout dépend du poids que vous donnez à chacun des critères : maintien ou non de la structure actuelle, de son implantation, de son personnel, de son tissu relationnel (fournisseurs, clients, prestataires), opportunités de croissance, de diversification …

D’où le choix d’Eric de ne pas exiger un repreneur venant du métier de la charpente, alors qu’il était lui-même Compagnon du Devoir et du Tour de France des charpentiers.

Il préférait l’origine régionale à la provenance métier, et surtout les qualités de manager.

2) Préparez bien votre activité d’après cession

Votre transmission sera d’autant plus aisée que votre entreprise est déjà bien structurée. Vos proches collaborateurs connaissent bien leur marge de manœuvre et leurs limites.
Ils savent ce qu’ils attendent de vous comme de votre repreneur.

La transmission du savoir faire ne se dessine pas sur le papier

La période d’accompagnement dépendra de la capacité de votre repreneur à établir le bon niveau d’échanges avec vos collaborateurs pour que la direction de l’entreprise soit claire et connue de tous.
Cela sera vrai également de vos clients et fournisseurs très rapidement.

Vous aurez beau définir sur le papier une période d’accompagnement classique de 3 mois … et il n’en sera peut-être rien du tout.

Dès que vous sentirez, mutuellement, que le relais est passé, alors la période de double commande n’aura plus de raison d’être.

Garder une activité connexe, après transmission, dont vous n’aviez pas assez le temps de vous occuper

Vous vous sentirez d’autant plus libre de « lâcher prise » par rapport à votre entreprise, que vous avez prévu une autre activité pour votre retraite.

Une occupation que vous maîtrisez déjà, et pas simplement un rêve, un nouveau hobby.

Une activité dans la quelle vous exercez une réelle compétence, dont vous connaissez bien les avantages comme les inconvénients.
Mais une activité à laquelle vous n’arriviez pas à consacrer assez de temps.

C’est maintenant possible, avec tout le confort de ne plus être pressé par le temps comme auparavant.

Cela est le cas d’Eric qui peut maintenant se consacrer à la gestion d’un village de vacances que son entreprise a construit il y a plus de 10 ans.

Conclusion

Ce n’est pas l’âge de la retraite qui doit déclencher la décision de transmettre.
C’est vous qui devez préparer votre entreprise, et vous-même, à cette évolution.
Donc prendre le temps de la dessiner progressivement.
La maturation d’un tel projet doit se faire lentement, jamais sous la contrainte.

Sinon ce serait le pire des scénarios sur tous les plans : difficulté à trouver le bon repreneur (surtout pas celui qui est pressé de vous l’acheter), négociation du prix délicate si vous êtes vous-même pressé, projet d’après retraite flou, … etc.

Merci pour votre attention.

A bientôt.
Jacques Jourdy.

 

Etre bien préparé et accompagné pour réussir votre transmission

Un intermédiaire de transmission d’entreprise, Actoria, à Paris, a publié récemment un livre blanc sur les Secrets de la Réussite de la Transmission d’Entreprise.

Vous pouvez en consulter le résumé en cliquant ici.

Ce document présente les 5 étapes de la transmission réussie :

1. Attirer
2. Séduire
3. Convertir
4. Négocier
5. Conclure

Vous ne serez pas étonnés de retrouver plusieurs facteurs de réussite que j’ai souvent développés et illustrés dans ce blog de la transmission d’entreprise.

Je vous propose néanmoins de revenir sur certains, surtout les 3 premiers qui engagent le processus de transmission, de les compléter, et surtout de les illustrer à partir de témoignages de cédants ayant effectivement réussi leur projet de cession d’entreprise.

Les 2 derniers (négocier, conclure) sont plus classiques, et très dépendants de situations particulières, tant de l’activité de la société, que du caractère des cédants et repreneurs …

Mais avant tout, une bonne transmission se prépare longtemps à l’avance.
Vous en connaissez déjà plusieurs illustrations sur ce blog.

Comment rendre votre société attractive aux yeux des repreneurs, bien avant votre décision de céder votre entreprise ?

L’exemple de la Société Choletaise de Fabrication :

Cette société est spécialisée dans la création et fabrication de sangles, cordons, lacets, … Elle est le parfait exemple d’une société possédant :
– un réel savoir faire, sur une niche, et des clients haut de gamme,
– avec une palette complète de machines spécialisées en parfait état,
– un personnel pointu sur ces techniques,
– une équipe de management bien structurée autour de sa Présidente, ensemble qui donne beaucoup de potentiel à cette entreprise.

Le point faible, clairement reconnue par sa Présidente, était le manque de développement commercial.

Cette situation existait depuis longtemps, mais l’investissement commercial avait été retardé compte tenu de la situation financière tendue pendant toute la période de 10 ans de plan de continuation.

Le petit « plus » pour rendre cette entreprise encore plus attractive aurait été de dessiner le plan d’avenir cohérent avec la volonté de développement commercial.
Et de le faire savoir à l’occasion de toutes les manifestations professionnelles, salons, concours auxquels participait la société.

Comment séduire de nouvelles compétences, de futurs investisseurs, acquéreurs sur votre projet de développement ?

En tant qu’ancien repreneur, M. Treinen le savait bien.

L’entreprise avant d’être vendue, doit toujours être dans une dynamique de développement, quelles que soient les difficultés rencontrées.
C’est cette dynamique, ce potentiel qui intéressera tout nouveau collaborateur : qu’il soit un simple salarié renforçant vos équipes, avec de nouvelles compétences, ou bien un repreneur physique ou personne morale intéressée par votre développement.

La meilleure preuve en est donnée ici par Michel Treinen qui a fait l’effort de réaliser un Business Plan de transmission, de façon à dessiner les développements que pouvait connaître encore son entreprise.
Ce n’est pas banal de la part d’un cédant!
Mais c’est très exactement ce qu’il faut faire pour aller au-delà des approches classiques recommandées : analyse des forces et faiblesses qui reste trop statique, pas assez dynamique.
Une telle logique pourrait très bien vous conduire à définir le profil d’une acquisition externe nécessaire pour pouvoir mettre votre plan en action.
Sauf que, si pour d’autres raisons vous êtes prêt pour céder, c’est alors au repreneur de conduire ce projet dans la durée.
Il faut être à l’écoute de toute opportunité se présentant d’elle même suite à votre communication positive, pleine d’avenir, vis-à-vis de tout interlocuteur : client, fournisseur, investisseur, réseau de chefs d’entreprises, salon, …

Comment gérer, de façon ciblée, efficace, votre projet de transmission d’entreprise, en gardant toute confidentialité ?
Le cas de Madame Ferchaud n’est pas exceptionnel.

Si vous n’avez jamais cédé de société, vous ne connaissez pas tous les détails du processus de transmission, et vous risquez d’être bousculé par les demandes de votre futur repreneur.
C’est pourquoi il vaut mieux être accompagné par des personnes expérimentées, qui ont été chefs d’entreprises, qui ont vécu ce processus avec tous ses hauts et ses bas, de façon à savoir réagir rapidement, simplement, et de façon pertinente sans vous égarer dans des solutions compliquées, peu opérationnelles.

Un intermédiaire, tel Actoria, ou un Délégué CRA saura réaliser cet accompagnement pour vous faire bénéficier de son expérience portant sur de multiples cas de cession, afin d’éviter les mauvaises solutions, les pièges éventuels.
Il saura vous conseiller les experts nécessaires (expert comptable, avocat, experts techniques pour audits spécialisés, …) car il, l’intermédiaire comme le CRA, ne peut engager sa responsabilité propre sur des domaines d’expertise professionnelle.

C’est ce qu’on appellerait aujourd’hui un rôle de coach : il ne prendra aucune décision à votre place, il vous écoutera, vous fera part de solutions possibles, quant au choix des candidats, aux sujets de négociation possibles, aux modalités contractuelles envisageables, … etc, compte tenu de toute son expérience pratique.
Et c’est lui qui assurera cette confidentialité absolument nécessaire à tous vos contacts, ce que vous ne pourriez obtenir si vous occupiez vous même des contacts directement.

A vous de choisir la meilleure solution pour vous.
Au meilleur rapport Qualité/Coût.

Merci de votre attention.

A bientôt.
Jacques Jourdy.

La confiance : facteur clé de réussite d’une transmission d’entreprise

La confiance : facteur clé de réussite d’une transmission d’entreprise

La transmission d’entreprise est un processus complexe par la multitude d’éléments à prendre en compte.

Ce n’est pas un simple « achat d’une entreprise », comme un achat de bien immobilier.

C’est une véritable « greffe » humaine, non seulement entre le cédant et le repreneur, mais également entre tous les acteurs et partenaires de l’entreprise et son repreneur : salariés, clients, fournisseurs, créanciers, ….

Une cession de PME fait appel à des expertises dans divers domaines : évaluation comptable, audits techniques (social, technique, environnemental, juridique …)

Malgré toute cette complexité que bon nombre de cédants découvrent pour la première fois le jour où ils veulent transmettre leur entreprise, la complexité technique n’est peut-être pas l’élément principal de la réussite d’une transmission.

Un élément essentiel s’impose : la confiance que vous allez placer dans votre interlocuteur, y compris dans chacun des experts que vous allez choisir.

Il faut à tout prix que la relation soit vraie, simple, directe, franche, sans sous-entendus, sans problèmes cachés.

La transmission est un véritable moment de vérité, sans fard, sans manœuvre.

S’il y a une moindre ombre, le risque est élevé qu’une fois levée, cette tâche condamne la confiance que vous aviez nourrie au début de la relation.

Je vais vous l’illustrer à différents moments de vérité, dans ce parcours de confiance qu’est la transmission d’une entreprise, comme j’en ai été témoin lors de plusieurs transmissions effectuées dans le cadre du CRA.

La confiance dès le premier contact entre cédant et repreneur

Vous entendez souvent le dicton : « C’est la première impression qui est la bonne ».

Ce n’est pas à prendre à la lettre dans le cas d’une transmission d’entreprise, car la charge émotionnelle peut être très importante pour vous, cédant, comme pour votre repreneur potentiel.

LepoutreNéanmoins, s’il y a bien un objectif primordial à atteindre lors de ce premier rendez vous : c’est la franchise des intentions et l’esprit dans lequel la relation doit s’instaurer.

Cela a été le cas de Pol Lepoutre, repreneur, lorsqu’il rencontra Albert Bianco, cédant de Midipain
(cliquer ici pour visionner l’extrait Video : 16″)

La réactivité et la spontanéité des réponses du cédant dès les premières demandes précises du repreneur

Une fois le premier contact établi, et quel que soit le temps passé – plus ou moins rapide – à formuler une Lettre d’intention, de la part du repreneur,

Le deuxième moment de vérité est celui où vous commencez à rentrer dans les détails, conduisant à la valorisation : éléments comptables (stocks, créances et dettes), portefeuille commercial, organisation, historique des relations avec les salariés, …

L’important pour vous, cédant, est de répondre dans les meilleurs délais, avec la plus grande précision possible, sans vous noyer dans les détails de second ordre.

L’impression qui s’en dégagera pour le repreneur est capitale : pas de résistance, pas de bricolage de données.

BonjourEn un mot, dire la réalité, toute simple, celle que vous avez vécue en tant que chef d’entreprise, sans fausse modestie, et sans exagération.

Observez Didier Bonjour, le repreneur, dans ce qu’il dit d’Olivier Dumont, jeune cédant.
(cliquer ici pour visionner l’extrait Video : 27″)

La confiance doit précéder la négociation

Arrive le troisième moment de vérité, une fois les pourparlers bien avancés : la négociation du prix d’acquisition.

Ma conviction, mon expérience est toute simple : si vous et votre repreneur, vous partagez une vision d’avenir pour votre entreprise, et que vous avez senti combien vous êtes tous deux complémentaires pour mettre ce projet sur les rails dans les 6 mois qui viennent, alors la négociation du prix ne va pas être un affrontement.

Vous aurez chacun, de façon raisonnable fait votre calcul et votre argumentation.

ChainotAvec la volonté commune d’aboutir, vous arriverez facilement à un compromis.

Regardez l’approche de Régis Chainot, repreneur de SAS Ferronerie d’Art Mazingue, auprès de Patrick Mazingue, cédant
(cliquer ici pour visionner l’extrait Video : 18″)

La confiance au delà des difficultés juridiques

Quatrième moment de vérité : le formalisme juridique de la cession d’entreprise.

Vous pensez avoir fait le plus gros : être d’accord sur le prix et les principales conditions de réalisation de la transmission …

Las !

La rédaction du protocole d’accord, qui sera faite par les avocats des deux parties, représente un risque non négligeable de brouille entre vous et votre repreneur.

Je l’ai déjà maintes fois expliqué : les avocats de chacune des parties s’imaginent servir au mieux leur client en dressant des conditions agressives vis à vis de l’autre partie.

C’est la déformation professionnelle de nombre d’avocats, en particulier de ceux qui ne pratiquent pas assez souvent les opérations de transmission d’entreprise.
Ils veulent à tout prix protéger au maximum leur client.
Ils finissent par oublier que l’autre partie n’est pas un adversaire mais un partenaire à venir.

SmalA vous, cédant et votre partenaire, repreneur, de garder la main sur les exigences de vos avocats.

Pour Philippe Macaigne, cédant de sa Serrurerie Macaigne, cela a failli conduire à la rupture avec Franck Smal, repreneur, déjà expérimenté en transmission d’entreprise
(cliquer ici pour visionner l’extrait Video : 26″)

Conclusion :

La meilleure conclusion concernant l’importance de cette confiance entre cédant et repreneur vient de celle d’un repreneur expérimenté, car ayant déjà racheté une autre entreprise :
 » Vous avez beau vous entourer de tous les conseils possibles, la meilleure chose que vous avez à faire pour réussir votre reprise d’entreprise … c’est de faire confiance à votre cédant.

BremardC’est le cédant qui sait tout : au repreneur de lui poser les bonnes questions, et de lui soumettre toutes ses idées d’avenir ».

Ecoutez Cédric Brémard, repreneur de l’entreprise GDE de Louis Jean Marchina, cédant.
(cliquer ici pour visionner l’extrait Video : 26″)

Action :

Dans la définition du profil de repreneur que vous devez vous faire avant tout contact avec un candidat repreneur, ne surestimez pas les compétences techniques, l’expérience métier.

Jaugez bien les qualités comportementales de vos candidats, leur façon d’être avec autrui : écoute, ouverture, engagement, franchise, flexibilité, pragmatisme, fiabilité, cohérence, des actes avec les paroles …

A vous de faire la liste !

Merci de votre attention.

A bientôt.

Jacques Jourdy.

La confiance entre cédant et repreneur est un facteur clé de réussite de la transmission d’entreprise

 

 

5 ans pour préparer votre transmission d’entreprise

5 ans pour préparer votre transmission d’entreprise!

Dans la ligne du précédent article, voici un autre cas de préparation d’une cession d’entreprise, également 5 ans avant

Nous sommes en 2008.

Jacques Marchand est à la tête de Chrome Dur Industriel (Charente) spécialisée dans les traitements de surfaces de pièces aéronautiques.

Il ne veut pas se précipiter, mais seulement bien se préparer à sa transmission d’entreprise : c’est à dire être prêt lui-même, psychologiquement, et que son personnel soit également prêt à vivre cette transition.

 

1. Une transmission bien préparée est une cession au juste prix avec un personnel autonome par rapport à son chef d’entreprise

Des contacts qu’il prend localement, ce sont les deux principes majeurs qu’il retient.

Et il faut bien ce délai de 5 ans pour y arriver sereinement, en parallèle de l’exploitation courante de l’activité.

  • La valorisation de l‘entreprise au juste prix

Que veut dire un juste prix ?

Cela signifie d’abord que c’est un prix de marché, ni trop haut, ni trop bas pour une situation comparable (secteur, taille, profitabilité, endettement, carnet de commandes, investissements, qualifications, compétences, …) et qui rend l’acquisition finançable.

La tentation de certains cédants est de majorer d’entrée de jeu ce prix de marché, pour se laisser une marge de négociation avec le repreneur, qui va toujours chercher à négocier.

Cela n’a pas été le point de vue de Jacques Marchand qui s’est attaché à évaluer son entreprise dans la durée (d’année en année, il vérifiait que ce prix était confirmé) et dans une perspective de non négociation. Le prix, c’est le prix !

  • La préparation de son personnel à la transmission d’entreprise

5ans preparation transmission entreprise Facteur très important pour un repreneur : le personnel est autonome dans son activité opérationnelle. Il ne dépend pas constamment de son chef d’entreprise.
Il connaît ses objectifs, ses moyens, et les marges d’autonomie dont il dispose pour prendre des décisions de son niveau de compétences.

Pour cela Jacques Marchand a lancé dès 2009 plusieurs plans de formation de son personnel.
Parallèlement il s’est attaché à parfaire la documentation technique et commerciale de tous les dossiers clés de l’entreprise.

C’est pour cela que le prix n’était pas négociable.

C’était une cession clés en mains !

Ce que le repreneur a tout de suite reconnu, à sa juste valeur.
Donc pas négociable.

2. Un accompagnement rapide et transparent sur les savoir faire clés de l’entreprise

Longue préparation, mais cession et transfert du pouvoir très rapide : 6 mois pour la signature des actes et un mois seulement pour l’accompagnement.

  • Un accompagnement rapide du repreneur est le signe d’une transmission bien préparée

En effet, à partir du moment où l’organisation est claire, les procédures établies, la « lecture » de l’entreprise est aisée pour le repreneur (pour peu qu’il connaisse un minimum le secteur d’activité)

Comme le dit justement Jacques Marchand, cédant et repreneurs ont des personnalités, des caractères de chefs d’entreprise : des positions peuvent vite s’opposer, ne serait-ce quant à la vision de l’avenir.

  • Une transmission des savoir faire de l’entreprise dans les moindres détails

5 ans details preparation transmission entrepriseLe cédant doit s’efforcer de restituer toute « la substantifique moelle » de l’entreprise.

On dirait aujourd’hui son ADN.

Or, là aussi, nombre de cédants résistent à cette mise à nu de leur entreprise.

Il faut aller jusque dans les moindres détails, si nécessaire, pour bien saisir les tenants et aboutissants des choix, des décisions qu’a prises le cédant dans son environnement, passé et encore présent.

Comme le dit si justement Jacques Marchand : c’est dur de «  se mettre à poil » !

J’ai été témoin de la situation opposée : une transmission réalisée dans l’urgence (non préparée) qui a nécessité par la suite un accompagnement … de près d’un an !

 

Conclusion :

Nous sommes bien loin de l’esprit de la loi ESS, dite Hamon, sur l’information des salariés au moins 2 mois avant la cession d’une entreprise …

Ce qui montre bien qu’une entreprise viable attire naturellement des repreneurs aguerris.

Et que les entreprises qui ne trouvent pas de repreneurs, ou bien sont hors marché en termes de prix, ou bien ne valent rien intrinsèquement, ou bien sont restées trop dépendantes du cédant.

Action :

Comme pour des examens, préparez vous, préparez vous à votre transmission.
Vous ne serez jamais prêt trop tôt.

Et si un repreneur venait demain matin vous faire une offre de rachat alléchante ?

Le train ne passera pas deux fois.

 

Merci de votre attention.

Jacques Jourdy.

A bientôt.

Vous êtes convaincu que vous avez 5 ans pour préparer votre à transmission d’entreprise.

5 ans pour transmettre votre entreprise à vos hommes clés !

5 ans pour transmettre votre entreprise à vos hommes clés !

La transmission d’entreprise : cela se prépare, 3 à 5 ans avant.

Vous le savez déjà, puisque tous les articles de ce blog illustrent cette recommandation, depuis bientôt 3 ans!

Aujourd’hui un témoignage d’une cession réalisée par étapes sur 5 ans.

Le cédant anticipant sa retraite, prévue à 5 ans, avertit ses deux hommes clés de l’entreprise : le Directeur Commercial et le Directeur Technique.

C’est une société de fabrication de plans stratifiés pour menuisiers et cuisinistes, Fidelem, à Bozouls (Aveyron).

Les 2 hommes craignant la vente de l’entreprise à un groupe, qui, ultérieurement risquerait de délocaliser la société, se déclarent tout de suite intéressés.

Mais ils n’ont pas l’argent !
Ils ont alors tout simplement pris le risque d’emprunter, avec un prêt personnel, pour acheter 40 % du prix de la société (chacun 20 %)

Au passage, cela montre bien que la loi Hamon n’a rien apporté de nouveau dans la cession d’entreprise : si des salariés intéressés et capables de reprendre la société se manifestent, qu’ils sont crédibles auprès du cédant, alors aucune raison que l’affaire de ne se fasse pas.

Et si elle se fait, ce n’est pas en les avertissant juste 2 mois avant !

Et qu’on arrête de faire croire que, seul, le modèle des SCOP peut sauver l’emploi des PME à vendre !

Dernière minute : une mission parlementaire est en train de préparer un toilettage de la loi Hamon qui supprimera les incohérences des articles 19 et 20 de cette loi (délai d’information des salariés 2 mois seulement avant la cession d’entreprise, sous peine de nullité de la vente) et règlera les vides juridiques créés par la promulgation de cette loi.

Car, je vous rappelle que, pour son décret d’application, le Ministère des Fiances avait, pour la première fois dans ce domaine, édicté un « guide pratique », qui, de fait, n’a aucune valeur juridique devant les Tribunaux …

Je vous laisse deviner les conflits d’interprétation, les procédures de contestation qu’il pourrait y avoir dans un proche avenir, si cette loi était maintenue en l’état …

1. Une transmission bien planifiée et sécurisée

Revenons à nos 3 Aveyronnais : le cédant et les 2 repreneurs.

Le plus important dans ce type de transmission étalée sur 5 ans, c’est qu’ils se sont mis d’accord entre eux sur la formule de calcul du prix des 60 % qu’ils rachèteraient 5 ans plus tard.
La formule devait, bien sûr, tenir compte du développement et des résultats de l’entreprise 5 ans plus tard.
C’est ce qui fut appliqué, sans problèmes de part et d’autre.

Les repreneurs ont pu présenter un plan de reprise, qui a été soutenu par la Banque Publique d’Investissement (prêt et garantie) et des banques locales.

La confiance en les 2 hommes clés était totale, preuves à l’appui depuis 5 ans.

Le plus original est que les 2 candidats au rachat de l’entreprise, avaient mis une condition à leur engagement : changer radicalement la stratégie de l’entreprise.

Ce qui est pourtant le contraire de la volonté de la majorité des cédants : que l’entreprise perdure, et que les repreneurs ne changent surtout rien …

Dans le cas présent, le positionnement historique de l’entreprise depuis 1992 consistait à fabriquer des produits relativement standard, avec une valeur ajoutée limitée, et surtout, un manque de personnalisation et de service clients.
Bref, de la production de masse, en optimisant juste le coût.

Stratégie délicate à maintenir, compte tenu de la concurrence des pays à bas salaires et des coûts de transports toujours plus réduits.

Nos 2 repreneurs, eux, ne croyaient à un développement possible de l’entreprise qu’avec le seul objectif de diversifier la clientèle en intensifiant le service sur mesure de clients, plus petits, restés indépendants, qui s’imposent par la qualité de finition et le délai d’installation.

2. Un projet complet de développement et de repositionnement de l’entreprise

Pour cela il fallait complètement changer l’équipement en machines, acquérir de nouveaux savoir-faire, former le personnel à de nouvelles méthodes …

Mais l’entreprise n’avait pas de capacités d’investissement suffisantes.

La trésorerie, trop juste, ne le permettait pas.
Ils ne voulaient pas s’endetter encore plus.

Qu’à cela ne tienne, nos deux jeunes loups ont pris le risque de faire avec des machines d’occasion, en attendant que la trésorerie leur permette d’aller plus loin.
Ayant une entreprise dont la moyenne d’âge était assez jeune, ils n’ont pas hésité non plus à recruter des employés qui avaient déjà de l’expérience : tout simplement des licenciés d’entreprises voisines, en cessation de paiements.

Les deux repreneurs ont donc, eux-mêmes, procéder par étape : nouveaux procédés de fabrication, puis extension des capacités de production, réorganisation des process de production et raccourcissement des délais de livraison : passage de 4 semaines à 2 semaines, quel que soit le point du territoire.

Ensuite démarchage de nouveaux clients, nouvelle marque, nouvelle communication, … etc.
En particulier nouvelles embauches : les agents de l’entreprise ont été tous remplacés par des salariés qui visitent plus fréquemment l’ensemble des clientèles : menuisiers, cuisinistes, négociants en matériaux.

3. Mieux que la pérennisation de l’entreprise : une forte croissance

5 ans plus tard, soit en 2010, leur stratégie était déjà gagnante : la clientèle se développait, et il fallait encore accroître les capacités.

Et en 2014,

– la production se monte à 2000 pièces par semaine, venant de 1200 en 2010

– avec 1200 clients au lieu de 75 au début

– et un effectif de 62 personnes au lieu de 25, 8 ans plus tôt

Donc tout le monde y a gagné : les deux repreneurs qui ont fait le bon pari de sauver l’entreprise au pays, l’entreprise en pleine croissance, des salariés confiants en l’avenir malgré la conjoncture, et le cédant qui a optimisé sa transmission.

Conclusion :

Une transmission d’entreprise ne s’improvise pas au dernier moment, dans la dernière ligne droite, … c’est à dire sans perspective dynamique.

Une cession d’entreprise peut se faire dans d’excellentes conditions à des salariés de l’entreprise : à condition que le cédant les ait déjà repérés depuis quelque temps, et que leur projet soit réaliste

Pas juste 2 mois avant …. comme avec la loi Hamon !

Action :

Réfléchissez bien à vos potentiels parmi vos hommes clés.

Peut-être certains méritent-ils une formation complémentaire ?

Peut-être faut-il recruter un profil complémentaire manquant dans votre entreprise ?

Peut-être faut-il vous ouvrir plus clairement à ces hommes-clés pour exposer votre vision à moyen et long terme et observer leurs réactions ?

Rien ne doit se faire dans la précipitation et le manque de communication.

Merci de votre attention.
Jacques Jourdy.
A bientôt.

Vous savez que vous pouvez avoir 5 ans devant vous pour transmettre votre entreprise à vos hommes clés