Le banquier, l’avocat et le repreneur d’entreprise

Bonjour,

Aujourd’hui, découvrez un nouvel article de la série ‘Vécu », sur le stress au moment de la signature, grâce à nos amis banquier, avocat et repreneur d’entreprise.

Mieux vaut s’y préparer …

Il peut y manquer des papiers, des participants, … et même de l’argent!

PONCTUALITE ET EFFICACITE POUR LE REPRENEUR D’ENTREPRISE

J’ai conseillé le vendeur d’une entreprise de menuiserie métallique (Dominique) pour la transmettre à un dénommé François. La date de la signature était prévue pour le Jeudi 7 Mai 2009.

Le jour dit, tout était conforme, sauf que les avocats avaient un peu de retard par rapport à l’horaire prévu (15h). La signature des actes avait été prévue dans la salle du Conseil du banquier de François (le repreneur), puisque c’était lui qui devait s’occuper des mouvements de fonds pour la transaction.

L’avocat de François, en particulier, appela le banquier pour le prévenir de son retard, d’environ une demie heure, et que, … au plus tard, il serait là pour 16h. Le banquier ne lui en voulut pas, et lui confirma qu’on l’attendrait.

Mais les avocats sont les avocats, et il arriva en fait à 16h30! L’agence allait fermer ses portes à 17h. La réunion avait de fait commencé, et les signatures des cédant et repreneur étaient finalement apposées pour 17h30.

A ce moment-là, l’avocat de François dit  » Parfait, pouvons nous vérifier la mise à disposition des fonds? »

Et le banquier de répondre « Mais quels fonds? »

« Eh bien, le montant de la transaction que votre client a emprunté auprès de vous! » rétorqua l’avocat de François.

« Mais personne ne m’a prévenu de mettre à disposition les fonds dès cet après midi. Je ne les ai pas traités » s’excusa le banquier.

Les deux avocats (et nous les conseillers) furent surpris de la réaction du banquier. Il ne devait vraisemblablement pas avoir eu l’expérience d’un précédent « closing ».

« Pourquoi croyez vous que nous nous sommes réunis chez vous, dans votre salle du Conseil, si ce n’est pour pouvoir constater la mise à disposition des fonds? » s’écrièrent les avocats.

Le banquier répondit qu’il pensait que c’était essentiellement pour réaliser cette transaction dans un lieu tiers. Il proposa alors de faire un virement dans les meilleurs délais.

Mais il était bientôt 18h, … et la veille du 8 Mai!

Le virement ne pouvait avoir lieu réellement au plus tôt que le lundi 11 Mai à la première heure!

Et si François, le repreneur, passait sous un camion d’ici là?

Que devenait la transaction?

LES AVOCATS ET LES BANQUIERS

Nous étions bien en présence de deux mondes différents.

Les avocats n’ayant pas d’heure, et donc plutôt d’une ponctualité faible, avaient créé cette situation extrême.

Et le banquier ne pouvait faire face à cette situation, contraint par ses processus informatiques et son organisation humaine trop rigides. La ponctualité du banquier ne suffisait pas.

Voilà deux catégories d’acteurs dans le processus de transmission d’entreprise que les conseillers, tant cédant que repreneur, se doivent de piloter au mieux pour éviter de tels accidents, … et ce jusqu’à la dernière minute.

MORALITE : LA CLARTE DES ROLES ENTRE LES ACTEURS DE LA VENTE D’ENTREPRISE

Les avocats jouent un rôle clé dans le processus de cession d’entreprise : ils doivent s’assurer sur le plan juridique, fiscal, et financier de l’intégrité des actes à faire signer par les parties, mais aussi des conditions de réalisation des opérations (pouvoirs de signature, convocation d’assemblées, respect de délais et de dates, vérification des enregistrements réglementaires, … etc.).

Les conseillers (cédant / repreneur) de chacune des parties ne peuvent se substituer à eux, mais ils doivent s’assurer, pour le compte de leurs clients respectifs, de la réalité des interfaces des avocats avec chacun des acteurs de la transmission.

C’est une erreur de plus à ne pas commettre. Elle est à rajouter à la liste des « 7 erreurs de la transmission d’entreprise », à ré-écouter (podcast)

Enfin, le cas présenté ci-dessus rappelle la nécessité pour les avocats de garantir à leurs clients la bonne fin des opérations avec les banquiers (au même titre que le ferait un notaire pour un acte authentique).

 

Encore du « vécu » en direct!

Connaissez vous d’autres cas de figure de ce type?

Merci de nous les faire partager dans le commentaire, ci-dessous (Leave a reply)

C’est important de faire la liste de tous les ratés possibles! Dans une transmission, il n’y a pas que le banquier, l’avocat et le repreneur d’entreprise!

A bientôt.

Jacques Jourdy.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *