Les 7 erreurs à éviter d’après les cédants en Suisse

Rien à voir avec des erreurs d’origine technique, dues à des différences juridiques, financières et fiscales entre la France et la Suisse.

Ce sont simplement des erreurs humaines, totalement applicables à nos cédants français.

Cette synthèse est due à une réflexion menée par une institution dénommée «  PME Relais Valais » organisme réunissant la Fédération des Entreprises Romandes Valais (FER-Vs), la Banque Cantonale du Valais (BCVs) et l’Antenne Régions Valais romand.

Cet organisme a produit et édité un Guide pratique pour la Transmission d’Entreprise, tant pour le cédant que pour le Repreneur, dont le titre fort bien trouvé est :

« Oser transmettre / Oser Reprendre »

Voici les 7 erreurs les plus fréquemment pratiquées du côté des cédants, …
à éviter tant en France qu’en Suisse !

1) Le manque d’anticipation du projet de cession d’entreprise

La transmission d’entreprise est souvent mal préparée, car subie.

Que ce soit une entreprise familiale ou pas, le chef d’entreprise a passé des décennies, si ce n’est toute sa vie, à faire prospérer son outil de travail, mais il pense qu’en y consacrant quelques dizaines d’heures, à quelques mois de son retrait, il pourra traiter la transmission de son entreprise.

2) La peur de lâcher prise du chef d’entreprise

Quitter son entreprise, c’est l’abandonner !

Tout ce qui a été sa vie, ses responsabilités, ses relations, mais aussi la reconnaissance sociale, bref son statut, va s’étioler brutalement, rapidement, à son départ de l’entreprise.

En dehors de son environnement de travail, que va-t-il trouver d’intéressant à faire, alors qu’il n’a eu souvent pas le temps de développer d’autres centres d’intérêt en activité.

Enfin la dernière peur inavouée est la perte de revenu, de train de vie, en passant du jour au lendemain à la situation de retraité.

3) Le manque de communication du projet de transmission

Il est particulièrement notable dans le cas d’une transmission familiale.

La succession est un sujet qu’on n’aborde pas prématurément, en plein exercice.

Cela peut déclencher des envies ou des rejets trop précoces, par rapport à la maturité des acteurs de la famille.

Cependant, le sujet demande réflexion, et, surtout, objectivité quant aux capacités et motivations des éventuels repreneurs membres de la famille.

Est-ce un bien pour l’entreprise ?

Est-ce un risque trop élevé pour le successeur ?

Toutes les expériences positives, notamment constatées dans le monde anglo-saxon, ont fait appel à un « médiateur » (coach) pour mettre à plat les constats, les non-dits, et prendre des décisions rationnelles, et non empreintes de sentiments (ou de ressentiments).

4) La négligence dans l’opportunité d’examiner différents scénarios de transmission

Nos voisins Suisses, comme les Allemands ou les Italiens, où le tissu de PME familiales est bien plus important qu’en France, ont souvent tendance à n’envisager que le scénario de transmission familiale, et négligent les solutions de cession à un tiers, qu’il soit repreneur physique ou personne morale.

En France c’est l’inverse !

Tous les chefs d’entreprise pensent plutôt à une reprise par un tiers, alors que, parfois, un élément de la famille se découvre une vocation à reprendre l’entreprise, même s’il n’y travaillait pas et n’était pas du métier.

5) Le repli sur soi du dirigeant avant transmission de l’entreprise

Comme beaucoup d’autres sujets où le chef d’entreprise a su s’entourer d’avis, de conseils, d’experts, pour ne pas décider maladroitement en fonction de ses propres projections, la transmission d’entreprise est un sujet complexe nécessitant de multiples expertises non pratiquées pendant la vie courante de l’entreprise.

Tout d’abord à titre personnel, le dirigeant doit faire le point sur sa situation patrimoniale, matrimoniale et successorale : de nombreuses dispositions sont à prendre dans cette perspective, qui ont des impacts très importants sur le plan fiscal.

Or, s’il est un sujet mouvant, complexe, c’est bien le domaine fiscal, avec la peur de voir disparaître une part importante du capital, fruit du travail de toute une vie.

6) Le doute sur le bon choix du repreneur

Le doute porte souvent sur le choix du successeur : va-t-il (ou elle) être la personne de la situation ?

Non seulement pour garantir la pérennité de l’exploitation (du travail des salariés, du renom de l’entreprise, … etc.), mais encore plus, son développement.
Pouvoir conduire l’entreprise sur des objectifs, des orientations que le dirigeant n’a pas pu, pas su, réaliser avant son départ, faute de moyens, faute de temps ?

Le choix du successeur est le plus important au moment de remettre les clés.

Bien plus que le sentiment d’avoir « bien vendu » la société.

7) La fierté de la carrière accomplie

Certes le dirigeant qui se retire peut être fier du résultat atteint.

Mais la plus grande qualité dont il doit faire preuve vis à vis de son repreneur est aussi l’humilité.
Reconnaître que l’on a développé l’entreprise comme on l’a senti, au gré des opportunités et des menaces tout au long du parcours.

Mais ce n’était pas obligatoirement la meilleure stratégie.

Peut-être que le repreneur, avec son expérience, son talent, arrivera à faire mieux.

C’est tout ce qu’il faut souhaiter dans une transmission d’entreprise.

Conclusion

Vous voyez bien, qu’au delà des particularités techniques propres à chaque pays, les principaux freins à la transmission sont psychologiques.

Car, pour traiter les problèmes techniques, vous avez quantité d’experts par domaine pour apporter les solutions adéquates.

Alors que, sur le plan psychologique, cela est beaucoup délicat de reconnaître le besoin de se faire accompagner, lorsqu’on a été un chef d’entreprise pendant toute sa vie !

Merci pour votre attention et votre fidélité.

A bientôt.
Jacques Jourdy.

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