6 idées reçues sur la difficulté de transmission de PME

6 idées reçues sur la difficulté de la transmission de PME

Restons dans la francophonie !

Un article d’un journal wallon faisait état récemment de la difficulté de transmettre.

Je ne doute pas de la réalité de ces ressentis de patrons de PME.

Mais je vous assure que ce sont des idées reçues qu’il s’agit de combattre sans relâche.

Et le plus tôt possible.

Voici les 6 thèmes les plus classiques :


(version podcast, à écouter, ou télécharger (clic droit) en bas de l’article)

1. La reprise d’entreprise est moins attractive que la création d’entreprise

Oui, pour les jeunes, qui rêvent tous … de devenir milliardaires et avec des innovations technologiques que leurs aînés n’imagineraient pas ? Et en croyant naïvement que tout le monde peut devenir Bill Gates ou Marc Zuckerberg … !

Mais à tort, parce que nombre de jeunes créateurs ne se rendent pas compte du faible taux de succès à terme de la création d’entreprise.

Alors que la reprise d’entreprise est beaucoup moins risquée qu’une création, et qu’elle a beaucoup plus de chances de créer de l’emploi durable.

Positions que le Medef comme la CGPME sont en train de prendre en compte pour créer des emplois.

2. A l’ère de l’innovation permanente, une PME à céder n’attire pas les investisseurs

Pourquoi les PME à vendre seraient-elles toutes obsolètes ?

Les PME à céder que j’observe sont elles aussi tout autant en train d’innover en permanence pour rester compétitives ! Sinon elles ne seraient déjà plus là.

S’il est vrai que la plupart des rachats d’entreprises se font avec des crédits bancaires plutôt que des investisseurs, cela ne veut pas dire que les investisseurs ne s’intéressent pas à des transmissions d’un certain montant, certes, et promises à un grand avenir, compte tenu de la taille déjà acquise et du profil du repreneur et de son plan de développement.

3. La création d’entreprise est moins coûteuse qu’une reprise

Quelle vision trompeuse!

D’autant plus que les media et les pouvoirs publics se font un plaisir de rappeler qu’on peut créer une entreprise avec 1 Euro !

Mais qu’en est-il par la suite ?

Pour avoir accompagné également de jeunes créateurs d’entreprises, je peux vous affirmer que l’opération devient très vite coûteuse, à tel point que le moindre projet sérieux demande une levée de fonds car les fondateurs n’en ont pas les moyens.

Et quelle est la chance de lever des fonds aujourd’hui ?

De l’ordre de 1% des projets présentés aux fonds d’investissement !

4. La cession d’une entreprise familiale n’intéresse plus les jeunes, y compris les membres de la famille

Autre constat d’échec à relativiser et à expliquer.

C’est certainement plus vrai en francophonie que dans les pays anglo-saxons, voire l’Italie.

En effet dans ces pays le mode de transmission des entreprises familiales est majoritairement en interne, dans la famille. Pourquoi ?

Parce que statistiquement la taille de ces PME familiales est bien supérieure à la moyenne des PME françaises.

Elles représentent un potentiel de dynamisme et de rentabilité supérieurs aux nôtres.

Et là, les membres de la famille y trouvent leurs intérêts, d’autant plus qu’ils sont facilement soutenus par les banquiers historiques de la société pour trouver le montage financier et successoral.

5. Le cercle de relations proches est insuffisant et le marché de la transmission trop étroit et fermé pour trouver repreneur

N’est ce pas le trait d’une PME trop petite, non pas par sa taille, mais par son cercle de relations (clients, fournisseurs, partenaires de l’entreprise) ?

En parler à son expert-comptable, son banquier (au delà des réticences qu’il peut y avoir à le faire) n’est évidemment pas suffisant.

Quant au « marché » de la transmission, parlons-en : si c’est juste faire paraître une annonce de quelques lignes … il ne faut pas s’étonner que le résultat soit aléatoire.

Tout dépend de la façon de présenter l’affaire.

C’est un problème bien connu des Délégués du CRA (Cédants et Repreneurs d’Affaires) qui conseillent les cédants pour bien présenter dans leurs annonces, sans exagérer, les potentialités de l’entreprise, surtout celles qui n’ont pas été exploitées compte tenu du profil du cédant, ou de son équipe.

6. Optimiser le profil de votre PME, pour pouvoir la céder, demande trop de temps et de moyens

Disons que ce n’est pas une idée reçue, à proprement parler, mais plutôt une découverte tardive ! Bien fréquente.

Vous pouvez vous satisfaire de l’allure de croisière que vous avez su maintenir jusqu’à maintenant, ce qui est déjà bien dans la conjoncture actuelle, mais,

propulser la société sur une rampe de lancement pour la faire grandir, y compris au delà des barrières que vous vous êtes fixées (exemple : la barre des 50 salariés), il est vrai, va demander du temps et surtout des talents, des compétences à recruter,

des investissements dont vous ne verrez pas les fruits, tout de suite, dans le compte de résultats.

Alors à la veille de céder, cela en vaut-il la chandelle ?

Eh bien OUI !

Vous ne vendez pas les résultats optimisés de ces dernières années

mais bien un projet industriel, commercial,

un résultat potentiel à venir,

à condition qu’il soit clairement planifié, premières preuves à l’appui.

Conclusions

1) Ôtez vous de la tête tous ces freins qui vous paraissent rendre difficile la cession de votre PME.

Vous ne partez pas de zéro comme les créateurs d’entreprises. Alors vos problèmes à résoudre sont plus simples que les leurs !

2) Faites vous un véritable compte à rebours sur les 3 ans qui viennent pour attaquer les problèmes les uns après les autres.

C’est un vaste chantier de re-construction de ce qu’est votre société. Il faut bien tout ce temps là.

Merci pour votre intérêt.

A la semaine prochaine.

Jacques Jourdy.

Vous savez désormais quels chantiers lancer pour combattre les idées reçues sur la difficulté de transmission de PME.

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