6 étapes clés pour bien préparer votre transmission d’entreprise

Une cession d’entreprise n’est pas comme une cession immobilière.

Ce n’est pas un bien, simplement, lié essentiellement à son environnement, statique dans sa qualité. Il n’a pas d’avenir particulier.

Une entreprise, et une transmission d’entreprise sont toute autre chose : c’est d’abord quelque chose de vivant, totalement déterminé par ses acteurs.

Si vous voulez réussir votre transmission, il y a 6 sujets de réflexion profonde, très personnelle, sur lesquels les experts techniques (experts comptables, conseils juridiques) seront de peu de secours, tellement les choix qui en résulteront seront personnels : ce sont vos préférences, vos valeurs, et, surtout, votre vision de l’avenir qui vous guideront.
Et non pas les lois du marché, voire les conseils de votre entourage familial et professionnel. Ils existeront, mais ne sont pas obligatoirement déterminants.

1. Votre projet personnel d’après cession de votre société

Comme le dit si bien Eric Bouleisteix dans la video ci-dessous, un facteur important de sérénité dans ce projet de transmission de votre entreprise, consiste à avoir bien réfléchi, avec le temps, à votre agenda du futur : que ferez vous de votre temps libre?

Plus de temps pour vos proches, les futures générations, certes.
Mais cela ne suffira pas à vous occuper pleinement, avec l’envie de vous fixer toujours des objectifs, d’établir des plans pour les atteindre, et obtenir la satisfaction d’un résultat tangible, pour continuer, et aller au-delà.
Ce peut être dans divers domaines : culturels, sportifs, associatifs, … etc.
Auront-ils un lien avec votre passé?
Est ce nouveau? Un vieux rêve?
Sans trop rêver non plus.

Toujours est-il qu’il faut que vous en ayez des objectifs d’occupation extra professionnelle, si ce n’était déjà le cas.

Vous allez maintenant disposer de temps.
Vous en manquiez auparavant.

2. La stratégie de développement de votre entreprise et de son personnel

Rien n’est plus faux que de considérer que la valeur d’une entreprise est déterminée par les résultats des 3 dernières années.
Certains chefs d’entreprise ont parfois repoussé la date de cession, en attendant des jours meilleurs. Que ce soit à cause de la conjoncture générale, ou bien l’espoir d’obtention d’un gros marché, bref de meilleurs résultats.
Le pire étant de jouer sur les dates de facturation pour gonfler artificiellement les résultats de la dernière année.
Rien n’est plus aléatoire. Rien n’est plus visible pour un cédant.

En réalité, ce qui fait la valeur d’une entreprise c’est : son positionnement (sa différence par rapport à la moyenne du secteur), sa rentabilité (organisation, compétences, expériences), et SON POTENTIEL(de croissance, d’attractivité de talents)!

3. Le projet de cession : en interne ou en externe ?

En fonction de l’existant et, surtout, des défis à relever, c’est à vous de choisir le type de successeur qui conviendra le mieux pour conduire cette évolution, voire cette transformation de votre société.
C’est à ce moment-là que vous devez réfléchir aux avantages et inconvénients aux différents scénarios de succession : familial, collaborateurs, repreneur extérieur, acquisition par une société?

Il n’y a pas de meilleure solution dans l’absolu.
Tout dépend de votre vision, de votre évaluation des capacités des uns et des autres, des risques de chacun des scénarios.
Dans les témoignages en video,
– Albert Bianco a été très lucide par rapport aux talents de sa fille,
– et René Archier, après avoir éliminé l’option familiale, a envisagé l’option reprise par ses salariés.

4. Le processus de sélection des scénarios de transmission

Lorsque la solution de reprise passe par une solution externe, il reste encore 3 possibilités :
– la première, classique : un repreneur physique.
Cette solution présente, a priori, beaucoup d’avantages aux yeux des dirigeants de PME, comme vous.
Cela permet d’écarter le risque de « casse » de l’entreprise : le repreneur physique a intérêt à garder toutes les ressources et implantations de votre entreprise, pour pouvoir conduire un développement progressif.
Il n’a pas intérêt à se séparer trop rapidement de lignes de produit, de compétences existantes, de points d’implantation, surtout s’il n’est pas exactement du métier.

– la deuxième : reprise par une société (croissance externe)
Schéma possible dans certaines activités, plutôt techniques.
Développement rapide de nouvelles activités, mais, parfois, avec des ajustements d’effectifs, des reconversions nécessaires.
C’est plus une transformation qu’une simple évolution.

– la troisième solution, très souvent négligée : le cédant recherche lui-même, par approche directe, une société qui pourrait être intéressée par son projet stratégique.
Cela suppose d’avoir un plan bien argumenté, attractif pour une autre société, et de faire l’effort d’approcher d’autres sociétés, pas obligatoirement concurrentes.
Travail parfois long, délicat, qui demande du temps et de la force de conviction

5. Audits, … mais aussi plans d’actions avec le repreneur

Une fois le cap de la négociation exclusive engagée avec un repreneur, après signature d’une LOI (Lettre d’Intention fixant le cadre des conditions d’une reprise), il est d’usage de parler de l’importance des audits (techniques, financiers, juridiques, fiscaux, sociaux, environnementaux, …).
Indispensables pour le repreneur, pour savoir ce qu’il achète, à quoi s’engage-t-il.

Mais le plus important pour l’avenir n’est pas là.

Les meilleures transmissions que j’ai connues sont celles où, dès la signature de la LOI, cédant et repreneur commencent à se projeter sur le futur et échanger sur les plans d’actions à conduire.
C’est le seul moment possible de se jauger mutuellement sur la vision du métier, la concurrence, les opportunités. Avec réalisme du cédant et ambition du repreneur.

Qu’apporte de plus comme compétences, expériences réussies le repreneur par rapport au chemin parcouru par le cédant?

6. Fidéliser le 1er cercle de collaborateurs

De même qu’un bon chef d’entreprise n’est pas seul pour conduire la société – ou bien le repreneur va avoir peur de se retrouver à sa place sans son expérience – le repreneur doit discuter avec le cédant de toutes les options possibles pour fidéliser les collaborateurs clés de l’entreprise.
Cela à un moment où des opportunités d’accession au capital sont possibles.
Ces montages sont généralement bien considérés auprès des établissements financiers.
Le financement devient moins lourd pour le repreneur par la même occasion.
dans le témoignage video, Jacques Marchand est même allé au-delà de ce premier cercle de collaborateurs, puisqu’il a planifié de véritables plans de formation pour l’ensemble de son personnel!

Vous le voyez, ces sujets sont souvent occultés par des discussions sur la valorisation, la négociation du prix.
Certes ces aspects existent.

Mais tous les chefs d’entreprise qui sont fiers de la réussite de leur transmission vous confirmeront que ce n’est pas là le plus important : ce qui compte c’est la nouvelle page de succès qu’écrivent leurs successeurs pour leur entreprise, et les moyens qu’ils se donnent pour y arriver.

Merci de votre attention.

A bientôt.
Jacques Jourdy.

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